jeudi 19 octobre 2017

Plainte contre Sunwing, on annonçait du Champagne et servait du mousseux

Un client du Québec a réussi à faire les manchettes des journaux de vins anglais en essayant de poursuivre la compagnie aérienne Sunwing. Celle-ci promettait dans ses publicités un service au Champagne, mais à bord de ses avions en route pour Cayo Coco, c’est un vulgaire vin mousseux qui lui a été servi. Dans ses commentaires, le client mécontent ajoute que le mousseux a seulement été servi au voyage aller, qu’il y en avait tout au plus 2 onces et qu’il était versé dans un gobelet en plastique.

Aux bas prix où Sunwing vend ses vols et ses forfaits voyages, je ne suis pas surpris qu’il ne serve pas du Dom Pérignon. Mais comme le précise Me Sébastien Paquette, l’avocat montréalais qui représente le plaignant, la question en est une de publicité mensongère, plutôt que de différence de saveur entre deux vins. Le marketing de la compagnie aérienne fait miroiter l’aura de prestige du Champagne et comme elle ne livre pas ses promesses, l’avocat y voit une forme de publicité malhonnête.

Par contre, Sunwing conteste la poursuite en expliquant que sa terminologie de « service au Champagne » visait à expliquer le niveau de service qu’elle offre plutôt que le type de boisson servie. On remarque quand même que désormais ses promesses se limitent sur son site Web au service d’un « Verre de vin mousseux de bienvenue.» Adieu Champagne !

Rappelons que le terme Champagne est une AOP, appellation d’origine protégée, et ne peut donc pas être utilisé pour des boissons ne respectant pas le cahier des charges de celle-ci. Un mousseux ne peut pas s'appeler champagne !

Si vous avez envie de vous gâter avec du vrai Champagne, on a 24 fiches de champagnes sur HippoVino avec les informations et liens vers des critiques pour guider vos choix.

Si vous souhaitez gérer votre budget de façon plus serrée, consultez notre Top 10 des meilleurs vins mousseux à 20$ et moins à la SAQ ou essayez notre vin de la semaine, un bon Crémant d’Alsace à 19.10$.

À la bonne vôtre !

HippoVino

P.S. Si vous lisez la prose marketing de Sunwing sur son site, vous remarquerez qu’elle ne se démarque pas par la qualité de son français. Le service de traduction n’a pas été gâté au champagne non plus…

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jeudi 12 octobre 2017

Vin, économie et prix Nobel

Le prix Nobel d’économie 2017 a été remis lundi à Richard Thaler, un économiste américain qui a déjà utilisé le vin pour expliquer sa théorie. Quel est donc le rapport entre votre boisson préférée et l’économie comportementale, sujet favori de M. Thaler?

Richard Thaler - Photo Flickr Chatham House
Creative Commons 2.0 License
Pour l’expliquer au chroniqueur du New York Times Paul Sullivan (auteur du livre "The Thin Green Line: The Money Secrets of The Super Wealthy"), Richard Thaler lui a posé la question suivante : Combien cela vous coûterait de boire une bouteille de vin que vous avez acheté il y a des années pour 50 dollars et qui vaut désormais 500 dollars?

La bonne réponse est 500 dollars, car en buvant la bouteille on renonce à toucher ce montant, qui nous serait accessible en vendant la précieuse bouteille. Richard Thaler nous explique que plusieurs répondent pourtant que cela ne leur coûte rien car ils l’ont déjà ou même qu’ils font un bénéfice, le vin étant plus cher maintenant. Ce type d’erreur est de la segmentation mentale selon M. Thaler et il ajoute que ces personnes qui choisissent de boire le vin refuseraient en général d’aller acheter une bouteille de ce prix.

Personnellement, je suis évidemment d’accord sur le calcul mais je choisirais quand même de boire la bouteille ! L’élément déclencheur de ma décision est en dehors du contexte économique : si j’ai choisi d’acheter cette bouteille, c’est que je voulais boire précisément CE VIN LÀ et le moment où je vais l’ouvrir est celui auquel je prévois qu’elle aura atteint le stade d’évolution que je pense idéal. Je ne me pose pas la question du prix que je pourrais obtenir en revendant mon vin car je ne cherche pas à gagner de l’argent, je cherche à boire le vin qui m’intéresse. C’est exactement ça que Richard Thaler appelle de la segmentation mentale.

Par contre, ma méthode a quand même des avantages, elle me permet de boire les vins que j’ai envie de boire, tout en respectant le budget de dépenses que je m’alloue pour ce plaisir. Mais évidemment je ne risque pas de gagner le prix Nobel d’économie !

Pour finir, si vous cherchez un exemple de vin recommandable à 50$, voici le Castello Banfi Brunello-di-Montalcino 2011, disponible à 55$ pour être précis, mais dont il reste assez peu à la SAQ. C’est justement une bouteille qu’il est préférable de ne pas le boire tout de suite, mais plutôt de laisser 5 à 10 ans en cave. Par contre, en analysant la cote de wine-searcher, il est peu probable que sa valeur atteigne un montant suffisant pour que M. Thaler vous fasse des reproches quand vous le boirez.

À la bonne vôtre !

Alain P.




lundi 9 octobre 2017

Vins de Tout le Monde en Parle – Saison 2017-2018

C’est reparti pour la saison 2017-2018 de l’émission Tout le Monde en Parle, animée par Guy A Lepage sur les ondes de Radio-Canada. C’est une émission où on sert un verre de vin aux invités, aux animateurs et au public. Sans être un thème de l’émission, le vin est servi pour souligner son aspect convivial. Comme nous l’avons déjà dit, si les participants à l’émission sont appelés des « invités », quoi de plus normal que les recevoir avec un verre de vino ! Ce billet est pour la saison en cours, pour découvrir les vins bus durant les saisons précédentes voir la section liens plus bas.


Point important à savoir, les vins bus durant l’émission sont des commandites des agences de promotion et ne coûtent donc pas un sou aux contribuables canadiens.

Voici donc la liste des vins de la saison 2017-2018 de Tout le Monde en Parle, présentée en ordre inverse des dates d’émissions, la plus récente étant en premier et la liste étant remise à jour à chaque nouvelle émission. Cliquez sur les fiches pour les détails de chaque vin.


Tout le monde en parle - Vin de la semaine - Émission du 15 octobre 2017
Cabral Reserva Douro (Hipponote 2.5* $ SAQ : 13.95 $)
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Un rouge du Douro bien fruité et assez soyeux en bouche, un style porto sec selon un critique.
Voir la fiche du Cabral Reserva Douro avec les liens vers critiques, fiche technique, producteur, agence et site SAQ.

Tout le monde en parle - Vin de la semaine - Émission du 8 octobre 2017
Marques de Casa Concha Cabernet-Sauvignon (Hipponote 3* $$$ SAQ : 20.60 $).

Un cabernet-sauvignon chilien savoureux et bien équilibré.
Voir la fiche du Marques de Casa Concha Cabernet-Sauvignon avec les liens vers critiques, fiche technique, producteur, agence et SAQ.

Tout le monde en parle - Vin de la semaine - Émission du 1er octobre 2017
La Mascota Cabernet Franc (Hipponote 3.5* $$ SAQ : 17.95 $).

Très belle réussite que ce rouge au délicieux fruité avec une belle texture en bouche. Superbe rapport qualité/prix !
Voir la fiche du Mascota Cabernet Franc avec les liens vers critiques, fiche technique, producteur, agence et SAQ.

Tout le monde en parle - Vin de la semaine - Émission du 24 septembre 2017
Miguel Torres 5G Cinco Garnachas (Hipponote 3* $$ SAQ : 15.50 $).

Un vin rouge d’Aragon souple, soyeux et généreusement fruité.
Voir la fiche du Miguel Torres 5G Cinco Garnachas avec les liens vers fiche technique, producteur, agence et SAQ.


À la bonne vôtre !

L’équipe HippoVino

Saisons précédentes :



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jeudi 5 octobre 2017

Le Champagne Nicolas Feuillatte traverse l’Atlantique à la voile

La prochaine livraison de champagne Nicolas Feuillatte pour la SAQ est dans les cales de la goélette Avontuur, qui traverse actuellement l’Atlantique depuis la Rochelle vers le port de Montréal.

Crédit Photo  Port-Franc
Ce grand voilier allemand, affrété par Port Franc Logistique, a quitté La Rochelle le 7 août 2017 avec une cargaison contenant notamment plusieurs palettes de champagne Nicolas Feuillatte. Après une brève escale aux îles Canaries, la goélette de 44 mètres a mis le cap vers le Québec le 28 août. Au moment d’écrire ces lignes (le 5 octobre), elle navigue sur le fleuve St-Laurent au niveau de Ste-Anne-des-Monts et devrait arriver au port de Montréal le 8 ou 9 octobre prochains. Ce billet sera mis à jour après l’arrivée.

Les bouteilles de champagne Nicolas Feuillatte seront livrées à la Société des Alcools du Québec. Les cales de la goélette contiennent également des tissus destinés au Cirque du Soleil, ainsi que des vêtements pour les magasins Simons et différents produits vendus sur la boutique en ligne de Port Franc ou chez certains détaillants nord-américains. Pour rester dans l’esprit zéro carbone de la traversée, les livraisons sont effectuées grâce à des camions électriques Nordresa.

La goélette repartira ensuite vers l’Europe avec une cargaison de produits de mode du Québec, qui seront vendus à Paris dans une boutique éphémère baptisée la Belle Province, en décembre prochain. Plusieurs autres traversées sont également prévues par la suite.

Ce très beau projet écologique est soutenu par plusieurs partenaires, dont les Champagnes Nicolas Feuillatte, le Comité Champagne, le Gouvernement du Québec, le Port de la Rochelle ainsi que par les magasins Simons. Bravo à Port Franc Logistique et à ses partenaires pour cette initiative originale ! Merci au magazine français Mon-Viti qui a attiré notre attention sur ce projet.

HippoVino

Liens

Un billet sur des champagnes Nicolas Feuillatte : Peut-on carafer un Champagne?



lundi 2 octobre 2017

Sélection de 15 bons vins en rabais à la SAQ jusqu’au 9 octobre

L’ouverture de la chasse aux aubaines, selon l’appellation de la SAQ pour ces rabais, est fructueuse cette année. Voici notre sélection de 15 bonnes bouteilles pour en profiter au maximum, classées par catégorie et par ordre de prix à partir du moins cher.


Rouges

La Garnotte (Hipponote 2.5*$ SAQ : 10.35$ en rabais à 9.35$) : un très beau petit rouge typique du Languedoc avec plus d’intensité que bien des vins plus chers !

La Vieille Ferme Rouge (Hipponote 2.5*$ SAQ : 13.00$ en rabais à 12.00$) : un modèle de constance en provenance de l’appellation Ventoux qui se distingue pas sa souplesse, son beau fruité et son équilibre. Polyvalent et un style qui plaît à un large public, sans être racoleur.

Cortes de Cima Chaminé Rouge (Hipponote 3*$ SAQ : 13.65$ en rabais à 12.00$) : là aussi une véritable aubaine que ce  rouge qui assemble cépages portugais et syrah pour un vin joliment fruité avec du corps, des notes épicées et une belle finale. On en redemande !

MontGras Quatro (Hipponote 2.5*$$ SAQ : 17.15$ en rabais à 15.65$) : un rouge chilien moderne, bien charnu, un peu boisé mais sans excès, avec fruit mûr, notes d’épices et de pain grillé. Prêt pour les grillades bien assaisonnées.

Château Bouscassé Madiran (Hipponote 3*$$ SAQ : 19.95$ en rabais à 18.45$) : un vin pour les amateurs de rouges costauds et corsés, avec la signature Alain Brumont. Généreux, plein de fruits noirs, avec un boisé présent mais sans excès, c’est parfait pour accompagner canard ou agneau. Certaines succursales SAQ ont encore du 2012, à ne pas manquer !

Villa Antinori Toscana (Hipponote 3.5*$$$ SAQ : 23.20$ en rabais à 21.70$) : un très bon rouge toscan qui allie sangiovese, cabernet sauvignon, merlot et syrah. Matière, équilibre et une certaine élégance dans un vin parfait pour accompagner les viandes rouges rôties ou braisées.

Marchesi Alfieri La Tota (Hipponote 3*$$$ SAQ : 23.20$ en rabais à 21.70$) : élégance,  souplesse,  vigueur et une touche boisée dans ce Barbera d’Asti moderne à boire avec les plus raffinées des pizzas et pâtes en sauces tomatées.

Bulles

Elyssia Freixenet Cava Gran Cuvée Brut (Hipponote 3*$ SAQ : 18.55$ en rabais à 17.05$) : chardonnay plus cépages typiqus pour ce très bon mousseux catalan à prix doux. Pourquoi attendre une grande occasion pour fêter?

Blancs

Adega de Pegões Colheita Seleccionada (Hipponote 2.5*$ SAQ : 12.60$ en rabais à 11.60$) : un beau petit blanc portugais où le chardonnay est complété par des cépages autochtones, original, fruité, plaisant à l’apéro et très bon avec des pâtes aux fruits de mer en sauce crémeuse.

Dopff &Irion Cuvée René Dopff Sylvaner (Hipponote 3*$ SAQ : 13.95$ en rabais à 12.95$) : le blanc alsacien parfait pour découvrir le cépage sylvaner, sec, vif et avec des saveurs citronnées, parfait pour accompagner crevettes et fruits de mer.

Château Cazal Viel Viognier (Hipponote 3*$$ SAQ : 16.45$ en rabais à 15.45$) : un très beau blanc du Pays d’Oc pour découvrir les arômes fruités un peu exubérants du cépage viognier, équilibrés par la fraîcheur et une petite touche minérale. Pour l’apéro ou avec crevettes ou poissons grillés.

Chablis La Sereine (Hipponote 3*$$$ SAQ : 21.90$ en rabais à 20.40$) : du vrai Chablis pour seulement 20$, avec la minéralité et la finesse typiques de l’appellation et une belle richesse dans les derniers millésimes. Très bien !

Pour découvrir d'autres vins en rabais en ce moment, recherchez le hashtag #RabaisSAQ sur le site HippoVino.

À la bonne vôtre !

Alain P.

Cliquez sur les noms des vins pour accéder à leurs fiches HippoVino avec liens vers critiques, producteur, agence et site de la SAQ.


jeudi 28 septembre 2017

Alerte vin chouchou : Savoie Apremont Cuvée Gastronomie Jean Perrier et Fils 2015

Parmi les derniers arrivages de vins du Top 100 Wine Spectator 2016 dans nos succursales SAQ, figure le millésime 2015 de ce très beau blanc de Savoie. Une bouteille à moins de 12% d’alcool, produite avec un cépage régional peu connu, la jacquère, un vin tout en fraîcheur et en finesse. On est donc très loin des stéréotypes pour un vin reconnu par le Wine Spectator et pourtant les critiques de ce magazine l’apprécient vraiment puisqu’il avait déjà été sélectionné dans ce prestigieux palmarès en 2012.

De ce côté-ci de la frontière il a aussi été recommandé par Véronique Rivest comme un vin très franc, frais et goûteux, et indéniablement charmeur. Jean Aubry, notre poète du vin, le voit ruisseler en bouche comme un filet d’eau claire sur une paroi granitique froide au petit matin, à proximité de poiriers en fleurs. Marc André Gagnon le juge ample en milieu de bouche, avec des saveurs de fruits exotiques et une certaine finesse. Pour Wine Spectator il est très désaltérant et doté d’une structure et d’une pureté attrayantes.

Nos lecteurs les plus attentifs remarqueront que nous en avions parlé en février dernier dans notre billet sur les vins de Savoienous avions écrit : Si c’était une peinture, on serait dans le pointillisme, plein de petites touches précises et bien agencées.  Personnellement, j’ai découvert ce vin il y a plusieurs années suite à une recommandation de Jacques Benoit, j’achète chaque millésime et n’ai jamais été déçu.

Bref, la SAQ vient de recevoir quelques caisses de ce très beau vin à seulement 17.55$ et cela ne moisira certainement pas sur les tablettes très longtemps. Par conséquent, si vous aimez les blancs frais et pimpants, que ce soit pour l’apéro ou pour accompagner poissons et fruits de mer, c’est le moment ou jamais de vous en procurer une bouteille !

À la bonne vôtre !

Alain P.

Fiche HippoVino pour le Savoie Apremont Cuvée Gastronomie Jean Perrier et Fils (Hipponote 3.5*, $$, SAQ : 17.55 $) avec liens vers critiques, producteur, fiche technique, agence et site de la SAQ.

P.S. Le cépage jacquère est peut-être peu connu, mais c’est un véritable savoyard de souche et un des plus anciens cépages viticoles car il en est fait mention dans un texte de cette région datant de 1248.


Cliquer ici pour voir toutes nos alertes vins chouchous (dont le millésime actuellement disponible est recommandé par 3 critiques ou plus).



jeudi 21 septembre 2017

Penfolds Grange : histoire du fameux vin australien

Grange, un rouge australien qui a gagné un statut de vin légendaire. Il se vend au prix des grands Bordeaux (800.25$ pour une bouteille de 750 ml à la SAQ) et une bouteille du millésime 1951, le plus rare, s’est déjà vendue plus de 50 000$ aux enchères. Il a évidemment obtenu nombre de trophées et de reconnaissances internationales. Pourtant, l’histoire de sa naissance et de sa jeunesse montrent des débuts difficiles.

Grange 2004 - Penfolds Photo Flickr Vincent Brown
Licence Creative Commons 2.0

Son créateur s’appelle Max Schubert, qui a commencé à travailler chez Penfolds en 1930, à l’âge de 15 ans. Rappelons que la maison Penfolds existe depuis 1844, année de sa fondation par un médecin britannique, Christopher Penfold. Max travaillera toute sa vie pour Penfolds. Il deviendra Chief Winemaker en 1948. L’année suivante, il fut envoyé en France et en Espagne pour étudier les techniques de vins fortifiés, qui étaient très en demande en Australie. Il en profita  pour visiter plusieurs grands châteaux bordelais (notamment Lafite Rothschild, Latour et Margaux) et en revint avec l’ambition de créer un vin qui, comme eux, puisse vieillir plus de 20 ans.

Photo Wine-searcher
En 1951, il commença sa première cuvée expérimentale Grange, sans la commercialiser. Le premier millésime vendu est le 1952. A l’époque l’étiquette indiquait Grange Hermitage, le cépage utilisé étant la syrah (que les australiens préfèrent appeler shiraz), comme dans la prestigieuse appellation Hermitage, dans la vallée du Rhône. Max a donc choisi de ne pas copier les grands crus bordelais, mais de faire ses propres choix. Le Grange n’est pas un vin de terroir, les raisins viennent de plusieurs vignobles, pas toujours les mêmes. L’objectif est de sélectionner très soigneusement les raisins utilisés, en fonction de critères spécifiques. Autre élément distinctif, après un début de fermentation à température contrôlée, il transfère les moûts en cours de fermentation dans des fûts neufs de chêne américains de 300 litres, où ils vont rester jusqu’à 18 mois.

La direction de Penfolds a peu apprécié les premiers millésimes du Grange et ordonne à Max de cesser la production après avoir dégusté le 1955. Il continuera néanmoins à le produire secrètement les années suivantes, mais devra réduire son utilisation de fûts neufs. En 1960, une autre dégustation interne du 1955 permettra de réhabiliter le Grange aux yeux des dirigeants. Ce millésime commencera à gagner des prix prestigieux à partir de 1962. Il dépassera de loin l’objectif initial des 20 ans de garde, puisqu’il fut encore acclamé en 2008. Les millésimes après 1960 perpétueront la tradition d’excellence.

Photo Flickr Mike Seyfang
Licence Creative Commons 2.0
Pour revenir à la question du nom, The Grange était le nom donné par Christopher et Mary Penfold à leur cottage. En 1989, il faudra abandonner le mot Hermitage pour respecter les règles d’appellation de la France, désormais applicables internationalement. Mais entretemps, Max Schubert avait initié une dénomination de ses cuvées en fonction du numéro de leur zone d’entreposage dans le chai, ce sont les fameuses cuvées « Bin.» À partir de 1964, l’étiquette indiquera Grange Hermitage Bin 95 puis après 1989 Grange Bin 95.

Max Schubert a pris sa retraite en 1975 et est décédé en 1994. Les winemakers qui lui succéderont furent Don Ditter jusqu’à 1986, puis John Duval jusqu’à 2002. Depuis 2002, c’est Peter Gago qui est à la barre et il a réalisé plusieurs millésimes prestigieux, dont le 2008 ayant récolté des notes parfaites de 100/100 par plusieurs grands critiques. Même si l’approvisionnement des raisins varie, les dégustateurs s’accordent pour dire qu’il existe un style Grange unique.  Personnellement, je n’ai pas le budget pour en boire, mais on dit que, parmi les vins légendaires, c’est un de ceux qui donnent le plus de plaisir, même aux dégustateurs novices. Si vous gagnez à la loterie, essayez-le !

À la bonne vôtre !

Alain P.

Pour continuer à découvrir l’histoire de grands vins : Petrus, histoire d’un vin légendaire qui a perdu son château.


Sources du billet sur Grange :
Penfolds Grange sur WikiPedia
Max Schubert sur WikiPedia